Le guide des softs (picots courts) : adhérent ou peu adhérent, comment choisir ?
Le guide des softs (picots courts) : adhérent ou peu adhérent, comment choisir ?
Si vous lisez ces lignes, c'est que le monde des softs vous attire. Peut-être que vous en avez marre de recevoir des services et de ne pas savoir quoi en faire. Peut-être que vous voulez imposer votre rythme avec un bloc agressif plutôt que de subir les tops adverses. Ou tout simplement que vous cherchez à pimenter votre jeu avec quelque chose de différent.
Bonne nouvelle : vous avez raison de creuser la question. Le soft (ou picot court) est une arme redoutable, sous-estimée et souvent mal comprise. Mauvaise nouvelle : tous les softs ne se ressemblent pas — loin de là.;;
Le marché se divise en deux grandes familles aux comportements radicalement opposés : les softs adhérents et les softs peu adhérents. Choisir le mauvais peut vous faire regretter toute l'expérience. Choisir le bon peut transformer votre jeu.
Les softs adhérents : la transition en douceur
Un soft adhérent, c'est un peu le meilleur des deux mondes pour quelqu'un qui vient du backside. Vous gardez la capacité de mettre de l'effet, vous gagnez en vitesse d'exécution, et la balle adverse vous "colle" moins les mains qu'avant. L'arrachement du jeu d'effet pur est progressif — vous ne perdez pas tout d'un coup.
Ce qu'ils font bien :
- Servir avec de la rotation reste possible, parfois impressionnant.
- Démarrer sur balle coupée avec un topspin ou une frappe rotation est beaucoup plus naturel.
- Le jeu de poussette reste sécurisant et contrôlable.
Ce qu'ils font moins bien :
- La balle renvoyée en bloc "plonge" moins que sur un soft classique — l'adversaire s'en sort encore.
- Ils restent légèrement sensibles aux effets entrants : on n'est pas encore dans la neutralisation totale.
Les références à connaître
Victas Spinpips D1 (anciennement TSP Super Spinpips) — C'est la référence historique du soft adhérent. La géométrie de ses picots permet de générer une rotation surprenante pour un picot court, tout en offrant une vraie polyvalence à la table : poussettes taillées propres, démarrages sûrs, frappes placées. Un choix évident pour débuter dans les softs sans se faire violence.
Yasaka Rakza PO — Rendu célèbre par Mattias Falck, vice-champion du monde suédois, qui l'utilise en coup droit. Ce n'est pas un soft pour les timides : la mousse Tensor lui donne une dynamique explosive, et l'adhérence est phénoménale. Les topspins frappés deviennent dévastateurs. C'est une plaque exigeante, mais entre les bonnes mains, elle fait très mal. Utilisé par Mathias Karlsson.
Nittaku Moristo SP — L'arme de Mima Ito, tout simplement. Il se situe à la frontière des deux catégories : il accroche bien grâce à sa tension intégrée, permet d'ouvrir facilement le jeu, mais offre aussi une vitesse d'exécution explosive en bloc actif. Un soft complet, jouable à haut niveau dans les deux styles. Utilisée notamment par Mima Ito et Chen Junsong.
Friendship 729 802-40 :
Le classique chinois de l'adhérence par excellence ! Rendu célèbre à l'époque par la légende Liu Guoliang, ce revêtement possède des picots plus larges et très rugueux. Il offre des sensations extrêmement proches d'un backside classique. C'est le choix parfait pour les joueurs cherchant un maximum de rotation au service et une grande facilité d'ouverture, avec un rapport qualité-prix imbattable.
Les softs peu adhérents : la frappe pure et la balle qui plonge
Là, on entre dans le cœur du soft "gênant" — celui dont rêvent les perturbateurs et les bloqueurs agressifs. La surface est moins rugueuse, les picots parfois plus espacés ou rigides. L'objectif n'est plus de créer l'effet, c'est de l'ignorer complètement, de casser le rythme, et de renvoyer une balle qui plonge de façon brutale sur la table adverse.
Si vous avez déjà joué contre quelqu'un qui bloque tout à plat et dont la balle s'écrase à chaque fois comme une pierre — c'est lui le coupable.
Ce qu'ils font bien :
- Insensibilité quasi totale aux effets adverses : les retours de service deviennent d'une simplicité déconcertante.
- La fameuse "balle qui plonge" : en bloc, la trajectoire tombe abruptement sur la table adverse, rendant le deuxième topspin extrêmement difficile à construire.
- Frappe à plat dévastatrice dès que la balle est un peu haute.
Ce qu'ils font moins bien :
- Démarrer en rotation sur une balle très coupée est très difficile — il faut porter la balle ou frapper à plat avec un timing parfait.
- Le service en rotation est limité : il faut s'adapter et trouver d'autres variations.
Les références à connaître
Victas V>101 — Une machine à contrer. Ce soft sacrifie délibérément l'adhérence pour produire des trajectoires tendues et fusantes, que l'adversaire perçoit comme "anormales". Avec sa mousse Tensor allemande très dynamique, il est redoutable en bloc actif et en frappe à plat. La balle renvoyée s'écrase, laisse très peu de temps, et désorganise n'importe quel jeu construit sur la rotation. Difficile de s'y habituer, mais difficile aussi de jouer contre.
Der Materialspezialist Wildfire :
La marque spécialiste des revêtements atypiques frappe fort avec ce modèle conçu pour l'agressivité et la gêne. Le Wildfire se distingue par sa capacité à générer des balles très rapides tout en conservant une adhérence minimale. Il excelle dans le jeu de bloc actif et la frappe terminale, renvoyant des balles "mortes" qui s'écrasent lourdement côté adverse. Un excellent choix pour étouffer l'adversaire avec des trajectoires plates et incisives.
Dr. Neubauer Killer :
C'est un véritable OVNI dans le monde du tennis de table. Le Killer se situe exactement à la frontière entre le soft (picot court) et le mi-long. Sa très faible adhérence et la géométrie de ses picots provoquent une gêne monumentale. En bloc, la balle est littéralement freinée et plonge de façon très abrupte. Il demande un certain temps d'adaptation technique pour être maîtrisé, mais une fois dompté, c'est un cauchemar absolu pour les attaquants adverses car il casse totalement le rythme et annihile la rotation.
Lequel est fait pour vous ?
Choisissez un soft adhérent si :
Vous venez du backside et ne voulez pas tout recommencer à zéro. Vous aimez prendre l'initiative, ouvrir le jeu vous-même, et vous avez besoin de garder un minimum de sécurité dans la transition. C'est la porte d'entrée idéale dans le monde des softs.
Choisissez un soft peu adhérent si :
Votre jeu est construit sur le bloc, le contre-rebond et la lecture de la balle adverse. Vous avez un bon coup d'œil pour les frappes sur la moindre balle un peu haute, et votre objectif principal est de déjouer l'adversaire avec des trajectoires surprenantes. Ce soft-là, ça s'assume.
---
Peu importe votre choix, préparez-vous à un ajustement technique : le geste avec un soft est plus court, plus devant soi, et la raquette plus ouverte que pour un topspin classique. Les premières semaines peuvent être déroutantes — et puis un jour, tout s'enclenche. Et là, vous ne reviendrez plus en arrière.
Retrouvez tous les softs adhérents et peu adhérents dans la base de données TT-Kip.